Présent à l’assemblée Générale d’une association de riverains du Nord de la Ville de Grasse, j’ai pu, une fois encore, mesurer à quel point les problèmes liés à la voiture (trafics de circulation, vitesse excessive des usagers, nuisances sonores, confort des routes, sécurité routière, difficultés de stationnement, etc) étaient au cœur des contraintes de notre société contemporaine.
Certes ces problèmes ne sont pas spécifiquement Grassois mais ils sont parfois amplifiés par les contraintes locales tels que le caractère médiéval ou la topographique de notre cité. Sans parler de l’absence cruciale d’une voie de contournement.
Ah, la voiture !!
Quel beau symbole ! Tant de liberté individuelle que de progrès social !
Et O combien cet instrument peut revêtir autant d’utilité que de nuisances
Outil de liberté ? Ou vecteur de contrainte ?
Le taux d’équipement des ménages en véhicule est passé en 3O ans de 0,8 à 2,4 véhicules par ménage. Et en même temps, les équipements publics correspondants n’ont bien évidement pas pu suivre le même rythme.
Ajoutons à cela une urbanisation croissante et diffuse amplifiant le phénomène de trafic.
Face à cette évolution, les pouvoirs publics se trouvent au cœur de nouveaux paradoxes.
Pour limiter la vitesse excessive, les riverains sollicitent des contrôles radars tout en manifestant leur désagrément quand eux même sont interpellés pour excès de vitesse.
Ils demandent en tous points l’installation de « gendarmes couchés » ou « dos d’ânes » susceptibles de freiner les ardeurs des automobilistes se prenant pour des pilotes de formule 1. Mais si satisfaction était donnée à toutes ces demandes ce serait plus de 200 dos d’âne qu’il faudrait implanter sur le territoire de la commune. Autant alors générer de multiples « nids de poules » facteur de ralentissement alors que, paradoxalement, la demande de procéder à de confortables revêtements de bitume est systématique, facteurs, eux, de vitesse excessive !
L’espace pour stationner, quant à lui, est devenu insuffisant, surtout en milieu urbain. Et là, le paradoxe est encore plus aigu.
Au centre ville il y a 2000 places de stationnement sous terrain, mais le public rechigne souvent à assumer le coût du stationnement dans ces parcs et ne comprends pas toujours qu’ils n’ont pas été, à l’époque, financés par la Ville et que le principe de concession ne permet pas à la municipalité d’agir sur leur tarification. Pour donner un exemple, l’achat par la Ville de la gratuité de 2 heures de stationnement le samedi coûte 200 000,00 euros au budget communal.
Quant au stationnement de surface, il est relativement limité en espaces.
La politique de la municipalité consiste à assurer dans ces espaces rares - et pourtant utiles au commerce et au public- une rotation régulière des véhicules en limitant la durée de stationnement. C’est le principe du boulevard du jeu de ballon, permettant aux usagers, aux clients de stationner gratuitement pendant 30 minutes mais pas au-delà.
Les gens pensent que la verbalisation rapporte financièrement à la Ville. Il n’en est rien. Cette recette est marginale et n’est en rien un objectif municipal de ressource.
Non, le seul objectif, est de limiter en zone commerciale, le phénomène de voitures ventouses et d’assurer une rotation porteuse de justice et d’équité pour tous les usagers et commerçants.
En zone périphérique, les habitants des résidences n’ont plus, eux non plus, suffisamment de place pour garer leurs véhicules. Ils utilisent alors – et je peux le comprendre – les trottoirs adjacents. Mais là encore, paradoxe. Le trottoir est il encore fait pour le piéton ? Et si nous laissons le trottoir se transformer en parking que dira t-on le jour ou une mère de famille poussant son landau, se fera faucher sur la voie de circulation pour avoir été gênée par un véhicule sur le trottoir ?
Comme vous le voyez les paradoxes ne manquent pas. Surtout à l’époque ou nos concitoyens semblent vouloir entrer dans leur boulangerie avec leur véhicule.
L’erreur serait de penser que la municipalité ne se préoccupe pas de ces problèmes. Bien au contraire, avec mon adjoint Yves Penchiennat, nous tentons quotidiennement d’apporter des réponses équilibrées aux situations qui se présentent.
Aussi n’hésitez pas à nous faire part des constats, observations et suggestions que vous pourriez émettre sur ces sujets.
Fidèlement,
Jean-Pierre LELEUX